Vientiane !

Nous avons un peu tardé à donner de nos nouvelles, désolés ! Des journées à « fort pédalage », des visites (grottes, baignades…), des breaks en pagode ou en famille peu propices à l’écriture, la nécessité de laisser les filles « un peu tranquilles » lors de ces temps « off »… Et le bonheur de voir en ces instants leurs jeux complices : sitôt arrivés, sitôt inventés ! Cette capacité à jouer, ce besoin impérieux même plutôt, nous impressionne autant que nous l’admirons… Mais au fil de la route on se dit : « Tiens, on leur racontera ça ! « …. Et finalement on écrit un peu différemment certainement, les expériences et anecdotes s’enchaînant… Alors voici pour ce jeudi 5 février, calendrier sous les yeux 😉 ! :

Nous sommes arrivés à Vientiane hier soir !! La capitale du Laos résonne comme un sommet atteint pour nous. Un point d’étape un peu mythique inscrit depuis le début de notre projet. Le début d’un autre Laos, celui du Nord, de ses populations « ethniques », de ses montagnes omniprésentes, pense-t-on. Même si on a déjà bien goûté à celles-ci dans les monts karstiques de Khammouane (boucle de Thakhek) et dans les Bolovens…

Les 3 dernières journées-étapes ont ressemblé à du cyclo 🙂 : du goudron, un itinéraire direct, des « records » battus en terme de kilomètres-jour : 87 kilomètres hier, 160 kilomètres en 2 jours. Pourquoi ce coup d’accélérateur ? Quelle urgence à arriver, puisque le chemin compte plus que le but ??

Après la boucle de Thakhek et ses montagnes russes, nous avons rejoint la route 13, l’artère Nord-Sud du pays. Pas d’autres possibilités à cet endroit. Cet axe principal a des allures de petite route nationale, peu fréquentée globalement, il est donc très acceptable pour les cyclos, même si sur ce genre de parcours les rencontres, les paysages, les villages sont plus « insipides ». Du coup nous n’avions pas envie d’y passer trop de temps. Et après les dénivelées des jours derniers et peut-être une overdose de pistes et chemins de traverse, nous avions envie « d’avancer », et y avons eu un réel plaisir ! Plaisir également d’être parfaitement disponibles pour les échanges avec nos co équipières respectives. Nous avons bien travaillé, joué, lu, rigolé, bavardé ces jours, en route !! Adèle se régale à écrire des poèmes ; on joue au pendu avec des phrases entières, elle lit de mieux en mieux et fait des concours de calcul mental. On écoute de la musique de temps en temps… Léonie adore rouler, et ne se lasse pas d’explorer des yeux tout ce qui s’offre à nous, dans les moindres détails ; elle se fait aussi plaisir en roulant avec Harry Potter, s’amuse des jeux de scène en anglais, bataille pour se concentrer sur les fractions et autres conjugaisons…

Adèle, motivée à pédaler par la perspective d’un camembert trouvable dans la capitale, s’est néanmoins questionnée un soir : « c’était bizarre aujourd’hui… Je ne sais pas ce que j’ai fait ».

Auparavant nous avions fait une escale d’une demi journée dans la famille de Khin, notre moine bienfaiteur, qui nous avait accueillis et « gardés » une journée (voir article du 27 janvier !). Son village natal était sur notre route, et nous avons ainsi fait la connaissance de toute la famille, heu-reuse de nous accueillir ! Deux des soeurs étant également anglophones après plusieurs années passées en Thaïlande, nous avons bien apprécié les échanges… Ce fut enfin l’occasion d’une mise à niveau des chevelures des demoiselles, dans le salon de coiffure familial ! Des moments chaleureux et joyeux, des repas de fête, et une invitation à revenir bien vite, quand nous sommes partis !

Nous prenons des leçons d’accueil et de disponibilité ! Le même Khin nous avait quelques jours auparavant organisé l’aller-retour express à la frontière vietnamienne (35 kms de Laksao) pour refaire nos visas, en demandant à un « layman » de la pagode (un fidèle engagé, disons) de nous y emmener en voiture… Un peu gênés de tant de bienveillance, nous avions néanmoins accepté… Bien nous en a pris, vues la route et les conditions météo de ce secteur… :

Quelques expériences un peu plus désagréables ont également marqué les jours derniers. La vie quoi ! Sans gravité, elles sont tout autant formatrices et nous font réfléchir… :

  • Renvoyés d’une pagode première ! : nous nous étions installés pour la nuit, avec la bénédiction du moine supérieur et du chef du village… Tente montée, couchages gonflés, sacoches bien déballées, douches prises même… Mais le ban et l’arrière-ban de la police locale nous ont rendu visite et n’ont pas voulu en démordre : trop inquiets pour notre sécurité, ou surtout ne voulant prendre aucun risque avec des étrangers (que faire si nous mourions dans la nuit ?!!), ils nous ont obligé à tout replier (à 18h…) et nous ont fait emmener dans une guesthouse (à l’accueil corsé là-encore) par le chef du village et un professeur d’anglais mobilisé comme traducteur. On retiendra de ces derniers leur manière de gérer les désaccords, d’arrondir les angles et de couvrir leurs pairs, tout en nous faisant comprendre qu’ils partagent notre point de vue. Par hantise du conflit, a t on eu le sentiment…
  • Agressés verbalement premières ! : nous ne sommes pas fans des stéréotypes, et celui de la douceur inébranlable et généralisée des Laos ne tient pas plus que les autres. Nous avons reçu de vrais regards noirs et des paroles réellement agressives, d’un moine qui plus est (le comble :)), et aussi d’une vendeuse… Une pointe de racisme ? Des expériences malheureuses avec des étrangers ? On n’a pas tout compris… Là encore, les personnes présentes fuient, ignorent, surtout en s’en mêlent pas, ou pour excuser : « c’est son tempérament« .
  • et je n’oublierai pas la dernière nuit en guest house, au milieu de nulle part… Un calme à faire rêver, ça s’annonçait bien… Jusqu’à ce que, au moment du coucher, une odeur pestilentielle, réellement pestilentielle, envahisse notre chambre et les lieux, pour ne plus nous quitter ! Quelle horreur, jamais vécu ça… C’est presque pire que le bruit, c’est dire pour ceux qui nous connaissent bien !!! Aucune échappatoire, même bâillonnés… On a pensé à tous ces gens qui vivent sur et des décharges… On a su le lendemain matin que cette odeur venait d’un élevage de poissons Viet’ installé à 2 kilomètres de là (leur nourriture ? du poisson pourri ?!) !! Pas de chance pour la guesthouse ! Pour nous, le camp n’a jamais été aussi vite levé !!!

Voilà pour les jours derniers. Devant nous quelques jours ici pour la découverte de Vientiane (on vous racontera ;)), pour trouver du camembert, un compteur kilométrique vélo, des livres à échanger… Et pour préparer la suite de la route.

Pour l’heure, on apprécie vraiment l’accueil chaleureux et connaisseur de nos cyl’hôtes à Vientiane (cf article de Léonie), et la possibilité de mieux comprendre ce pays, par leurs yeux… Les filles sont ravies, et pour l’heure participent à un atelier mosaïque organisée « à la maison » ! L’inattendu, c’est quand-même bien 🙂

On vous embrasse !

2 commentaires

  1. Bonjour et très très bonne année 2020 à la p’tite-TRÈS GRANDE famille du tonnerre que vous êtes !
    Désolée pour le retard pour vous souhaiter la bonne année mais une très douloureuse sciatique (suite à un lumbago) additionnée à un changement de domicile à préparer (on revient habiter sur Albertville) ne m’ayant pas laissé beaucoup de répit ces derniers temps, en arrêt maladie cettea semaine (il a fallu…), je me suis enfin’octroyé avec un immense plaisir, un petit-grand moment ‘rien qu’à moi’ pour savourer/déguster vos périples de presque un mois et demi depuis ma dernière lecture.
    J’ai une fois encore A-DO-RÉ vous lire ! Quel bonheur de plonger en 2 secondes dans tous vos moments de voyage ! Je vous admire VRAIMENT ! Quel courage, simplicité et curiosité incroyables vous habitent ! J’en suis à chaque mot toute chamboulée ! Bien que cela semble si simple à vivre dans vos écrits et bien que je crève d’envie de pouvoir un jour vivre une telle aventure, je crois que je ne m’en sens pas capable ! De ce fait encore plus un très grand MERCI à vous 4 de nous permettre de partager ces exceptionnels moments que vous vivez !
    Je vous fais à tous les 4 de gros bisous en vous disant de continuer tous à prendre bien soin de vous et de vos compagnons de voyage (vélos !) à très bientôt l’irrésistible plaisir de vous lire !
    Patricia

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  2. Salut à vous la famille. alors là, je ne sais pas ce que c’est l’odeur d’un élevage de poisson. Merci de rapporter un flacon d’un extrait de nourriture à poisson histoire de se rendre compte!

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