C’était le titre d’un de nos articles, en novembre dernier, après l’accident… C’est le titre qui me revient à l’issue de ces dernières 48 heures.
Chroniques :
Mardi matin, Ayutthaya. Tel que nous vous l’expliquions la veille, nous bouclons les sacoches et nous apprêtons à prendre le taxi qui doit nous conduire à Ban Pong, nous rapprochant de la côte un peu plus encore, dans la « course contre la montre » avant un éventuel confinement. Nous disposons d’un contact « Warmshowers » à Prachuap Khiri Khan. Nous nous sommes par ailleurs inscrits sur la plate-forme ouverte par le Ministère des Affaires Etrangères pour les Français coincés à l’étranger suite à l’annulation massive des vols, et nécessitant un hébergement temporaire. Dans l’heure qui suit nous avons reçu une liste avec une petite dizaine de contacts. Bravo l’administration, et chapeau aux expatriés qui semblent se mobiliser en masse. Au petit matin, insomniaque, je regarde cette liste de plus près et retiens un nom, dont le lieu d’hébergement proposé colle au mieux à notre destination. Bang Saphan. Echange de messages Whatsapp.
On appelle Claude à 8h30, juste avant de partir. Bien entendu on évoque la situation sanitaire du pays. Il se trouve que Claude, qui vit en Thaïlande depuis plus de 25 ans, est également conseiller consulaire ; il a donc un contact privilégié avec l’Ambassade et des informations fiables. Il est hôtelier sur la côte et a mis 3 chambres à disposition pour Français en carafe. A l’issue de la discussion avec lui nous maintenons notre choix de rester, sachant notamment que notre maison à Albertville est louée et qu’il est actuellement difficile, ou impossible, d’organiser des déménagements, avec toute la bonne volonté de nos super locataires. Sachant également que les vols pour la France se raréfient fortement, avec de nombreux échos de personnes coincées et en attente à Bangkok… au coeur de la mégalopole et du foyer principal de Corona Virus en Thaïlande. On n’a pas trop envie d’y séjourner sans délai…
Arrivés à Ban Pong, nous ré enfourchons les vélos à 13h, plutôt que de prendre le train, là encore pour nous tenir écartés, du mieux possible, du virus. Eviter les transports en commun. Nous roulons sur 60 kilomètres. Les changements concernent davantage les paysages -plus verts, avec un air de bord de côte…- que les scènes de rues ou les attitudes des gens. Si, tous ou presque portent le masque désormais. Mais la vie continue son cours normal, et on ne note aucun regard suspicieux à notre égard. Nous demandons l’hospitalité dans une pagode dont le Bodhi Tree (le figuier des pagodes, arbre sacré du bouddhisme, celui sous lequel le Bouddha a atteint l’Eveil) bicentenaire nous accueille avec sérénité, comme le moine qui arrose le verdoyant jardinet attenant. Un accueil à nouveau bienveillant et généreux. Nous campons sous l’avancée de toit de l’un des bâtiments de la pagode.
Mais nous ne sommes pas vraiment sereins, écoutons par trop le moindre symptôme de mal de gorge (pourtant fréquent, du fait des ventilateurs sous lesquels nous dormons), mal de tête, de fatigue… Au réveil ce mercredi matin, je me sens presque angoissée. Je lis vos messages, allant du « Rentrez ! » au « Restez ! », avec des arguments acceptables des deux côtés… Je regarde les nouvelles locales : l’état de crise a été déclaré la veille au soir par le Premier Ministre thaï. Dans le doute qui m’a ré assaillie (Philippe lui tient fermement la ligne de conduite établie ensemble :)), nous rappelons Claude, qui en sait peut-être davantage. Il nous indique être en train de rapatrier ses derniers clients sur Bangkok : la circulation serait complètement interdite dès demain matin, jeudi. On s’étrangle. Il nous reste presque 300 kilomètres à parcourir avant d’arriver à Bang Saphan. La navette de l’hôtel rentrera de Bangkok dans la nuit, et pourrait nous récupérer vers minuit à Phetchabury, une ville qui se situe à environ 70 kms de la pagode. C’est parti comme cela, plus le choix.
Nous entamons donc, avec de très bizarres sensations, notre « dernière journée de pédalage ». Avec la volonté de la savourer comme il se doit, ce qui est évidemment impossible. Le paysage est enchanteur pourtant, quand nous traversons des cocoteraies ombragées. Nous nous offrons le luxe d’une pause dans une petite unité de « décorticage » familiale, pour découvrir, encore, entrer en contact, encore, goûter, encore… Nous débouchons sur la mer, furtivement, avant de rentrer à nouveau dans les terres en direction de Phetchabury. Marais salants, bassins d’élevage de crevettes… On sent que le Corona est désormais sur toutes les langues, mais on ne nous rejette pas, on nous offre de l’eau à chaque arrêt.
Nous arrivons à Petchabury vers 16h, et nous postons aux abords de la Route Nationale 4 qui file au sud, pour tenter le stop et ainsi arriver plus tôt sans déranger notre hôte. A peine 5 minutes plus tard, ce sont 6 policiers qui viennent à nous, et nous interrogent. Les filles stressent violemment, pourtant l’approche et le ton sont des plus doux. L’uniforme fait peur. Les policiers estiment que personne ne nous prendra, par peur du Corona, et nous suggèrent avec insistance de renoncer. Ils peuvent nous accueillir dans leurs locaux jusqu’à ce que le véhicule de Claude nous récupère… Nous acceptons tranquillement, alors que nous avions songé à attendre… dans une pagode, forcément !
Là encore, les Thaïs nous donnent une belle leçon d’accueil, et nous organisent rapidement une pièce, trois lits. Nous montrent la douche. Le commandant en personne se charge de tout cela, après les traditionnelles photos de groupe. Et plus : il emmène Philippe en moto pour acheter à manger. A ses frais, il refuse fermement que Philippe paie. Nous dormons deux petites heures, KO, jusqu’à ce que le van n’arrive. Trois heures plus tard, vers 2h30, nous nous couchons dans de vrais lits avec des draps nickels, blancs et doux…
Nous découvrons les lieux ce jeudi matin, ceux du Coral hôtel… Incredible… Un petit paradis en bord de mer ! Nous essayons d’accueillir ce qui nous arrive, ce n’est pas simple. Nous sommes hébergés gratuitement pour quelques jours, pour un tarif totalement déconnecté du prix de marché si cela devait durer. Piscine, mer chaude et accueillante, plage de sable blanc. Une carte postale. Nous avons des scrupules, nous ne sommes pas très à l’aise. Le personnel est toujours en poste, avec les masques. L’hôtel fermera complètement à compter du 1er avril, mais nous pourrons rester … Tout cela pour combien de temps ??? Jusque-là les services de restauration demeurent, et nous y rencontrons ce midi quelques expatriés français qui vivent à proximité tout ou partie de l’année. Les filles sont heureuses, elles vivent les choses très simplement, sans euphorie ni sensation d’exceptionnel (ceux qui nous connaissent bien savent que de tels lieux sont à mille lieux de nous !), avec le même bonheur que lorsque des enfants leur prêtent un vélo, qu’un moine leur donne des biscuits, qu’on achète une glace ou que l’on entre dans un temple en prière. Elles ont une petite chambre à elle, et c’est là pour elles le plus grand luxe je crois : « On organise nos petites affaires ! ». Bonheur suprême ! Repères…

Pour l’heure il est encore tout à fait possible de se déplacer, sauf la nuit. Que faire ? S’auto-confiner ou pas ? Se balader « en étoile » ou rester à l’hôtel ? Vous connaissez ces questions, vous l’avez vécu avec quelques semaines « d’avance » sur nous… Et la suite ? Combien de temps ?… Les mêmes questions reviennent en boucle, inconfortablement malgré le confort des lieux et la chance inouïe que l’on a d’être accueillis ici… Indécent penserez-vous peut-être.
Pour l’heure il nous faut lâcher prise, accepter l’inattendu, vivre cette nouvelle expérience avec acuité. Dans ce voyage, nous voulions prendre le temps, me dis-je. Et bien voilà ! Y’a plus qu’à… On a tous les quatre en tête l’expérience très forte de Battambang, elle aussi surgie de l’inattendu et de l’inconfort. « Finalement ça aura été le moment Bouddha du voyage« , nous rappelle Léonie.
Leçons de vie… L’être humain est têtu !
Nous vous embrassons. Bon courage à vous dans cette étrange et questionnante tempête planétaire…

















Bonjour à vous quatre,
Merci encore de nous faire partager ces moments inédits au vu du contexte.
Qui l’eut cru mais c’est ainsi il faut s’y soumettre. J’espère que vous pourrez obtenir un vol dans les meilleurs délais. Protégez vous et prenez soin de vous 4.
Je pense bien à vous.
Bises virtuelles.
Chantal Guérin
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J’ ai vu qu il avait plein de noix de coco moi qui n’ aime pas ça, imaginer moi la bas a manger que ça heureusement qu’on peut manger du riz Vous me manquez !!!!
PS: Petit Challenge si vous arrivez à me faire manger de la noix de coco je …… (un gage pour moi) vous déciderez vous mon gage !!!!!
MARGAUX!!!!!!!!!!!!!!!!
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J’ai un ami avec lequel nous avons l’habitude de dire, lorsque nous atteignons un sommet ou quasi-sommet en ski de rando : « on est mieux ici que plus mal ailleurs ».
Take care
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Bonjour à tous,
je suis contente de voir que vous allez tous bien. Depuis quelques jours, je m’interrogeais sur votre situation … je suis soulagée de voir que quelque soit la situation, il y a toujours des gens solidaires et accueillants.
Prenez soin de vous
Valérie Noirot
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bonjour,
heureux d apprendre que vous avez trouver un endroit pour vous confiner…. je ne sais pas si il y a une meilleur solution, rentrer ou rester ??? juste, prenez soin de vous et patienter, et continuez à nous donner des nouvelles.
Dans l’ouest de la France, le covid 19 est moins présent que dans d’autres régions, et nous avons en général la chance d’avoir des maisons avec jardins. Dans l’équipe, une partie travaille encore (benoit, stéphane et katy avec la boule au ventre chaque fois qu elle arrive à l’hopital), d’autres font du télétravail (au ralenti car peu de client – jean luc, carole,stéphanie, delphine, et moi) et les autres sont au chômage (mimi, thierry).
Les apéros en visio se succcèdent, on ne sera peut être pas malade, mais on va finir alcoolique … un brun d’humour ne fait pas de mal…
Voilà pour l’instant, on pense rester en confinement jusqu’à début mai, des copines qui travaillent dans le milieu médical ne nous voient pas reprendre avant.
bisous
yan
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Bonjour Laure, Philippe, Léonie, Adèle,
Quelle histoire ! Immobilisation forcée ? Je lis, je lis… Ouf, personne n’est blessé… J’espère en tout cas que vous allez tous bien. A vous lire et à voir les photos, les lieux ont l’air fort agréables, alors j’aurais tendance à vous dire d’en profiter. Eh oui, de notre côté nous finissons la deuxième semaine de confinement. Pas évident entre le télétravail et l’école à distance. Ce soir, Agathe part chez son papa qui prend le relais. On a réussi à trouver une sorte de rythme de « croisière » et je dois bien avouer que les instits assurent quant à l’envoi des devoirs et du suivi des leçons. Mais vous voyez ça également. Chapeau à vous qui faites l’école « à la maison » depuis 5 mois maintenant. Il est vrai que l’interdiction de sortir est très pesante, d’autant plus qu’on avait une météo ensoleillée pendant plusieurs jours. On nous autorise une sortie d’1 heure environ proche du domicile, alors on essaye d’en profiter, avec toute les précautions bien sûr. C’est toujours un plaisir d’avoir de vos nouvelles, vos photos nous font rêver. Portez vous bien, profitez. Et de toute façon A bientôt ! Grosse bises à vous quatre.
Nathalie.
Salut Léonie,
Malgré le confinement, on a beaucoup de devoirs. Et toi ? Tu t’en sors avec les révisions ? Moi ça va. J’espère que tu vas bien. Fais bien attention à ne pas attraper le corona 🙂 ! J’aime beaucoup vos photos (surtout celle où vous êtes entourés de policiers masqués !) J’ai hâte que tu rentres en France. Vivement qu’on se voit.
Gros bisous à tous.
Agathe
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