Pagodes…

Un article rien que pour elles ! Car ce fut notre lieu fétiche à tous les quatre, durant ces premières semaines… Cités dans la cité, ce sont des lieux de vie autant que de prière, ouverts sur le village ou la ville où ils se trouvent, lieux de référence pour les habitants, cimetière même pour ceux qui veulent et peuvent s’offrir un stupa. On y entre toujours par un majestueux porche, sans grille, même si la pagode est toujours ceinturée d’un mur d’enceinte. Les pagodes sont toutes relativement récentes, et pour beaucoup comportent des bâtiments en construction. En effet, Pol-Pot dans sa folie destructrice a tout fait détruire, ou presque (1975-1979, les années noires du génocide cambodgien, 20% de la population tuée !!!). Le Bouddhisme fut interdit. On le sent aujourd’hui très implanté.

Passé le porche, la vie se fait plus calme, moins bruyante, vraiment. On croise souvent quelques statues de lions, de singes, d’éléphants, de chevaux montés par Dieu sait qui, c’est le cas de le dire. De l’espace, des bâtiments presque colossaux, dont on aime les lignes des toitures. Des allers et venues, quelques personnes « à demeure » semble t il, au service des moines ou accueillis par ceux-ci pour telle ou telle raison (pauvreté, études…). Des moinillons, des moines, quelques nonnes de passage, que l’on sait maintenant identifier (cheveux rasés, vêtements blancs souvent)… Débonnaires, désinvoltes, indifférents et attachants à la fois. Les moinillons s’envolent quand on s’approche, le « supérieur » vient à nous, on a parfois la chance qu’il parle un peu, ou bien, anglais…

On se sent bien en ces lieux. On essaie de comprendre le bouddhisme et la vie des moines, on y fait de belles rencontres, on y voit des choses esthétiques, colorées, surprenantes, on y bénéficie d’un accueil incroyablement généreux, et drôle !

… Et on y est en sécurité pleine et entière pour la nuit, la dernière expérience en la matière, sur les bords du Tonlé Sap, nous l’a confirmé :

Soupe du midi. On échange avec la marchande, qui parle assez bien anglais. Elle travaille au Hard Rock Café de Sim Reap (ils sont partout !). Elle nous demande où l’on va dormir le soir, et quand on lui dit qu’on ne sait pas encore elle nous invite à dormir chez elle… Quelques heures plus tard, on repasse devant son échoppe, à la recherche d’une pagode. Elle nous guettait et vient à nous, joyeuse de nous retrouver. On ne peut refuser (estime Laure :)). On la suit donc, et quelques instants plus tard on a pris nos quartiers pour la nuit, là :

Ventilateur et moustiquaire inclus, donc tout va bien ! Les filles sont ravies : il y a deux hamacs, on nous a mis un joli « plaid » tout neuf en guise de matelas (…), et la mamie ne tarie pas de « mamours » avec Adèle. Bientôt tout un attroupement nous observe de près, mais bon…

Tout juste lavés (acte très important ici on l’a bien compris, au lever et à l’arrivée chez les gens l’am… et on apprécie toujours ++ !), un monsieur vient à nous un peu gêné : On n’a pas le droit de dormir ici, le chef du village ne veut pas (que les nouvelles vont vite !). On se croyait encore presque en ville, tout prêt de Siem Reap, et on n’a donc pas pensé à ce problème… Notre famille d’accueil est tout aussi gênée. Mais le plan B est déjà organisé par leurs soins : nous dormirons à la pagode, les moines sont informés.

Aucun problème, on connaît, et on aime ça ! Notre hôte nous y emmène, explique notre situation aux moines ; et nous apporte à manger un peu plus tard, en s’excusant encore, la pauvre. Plusieurs moines viennent ensuite à nous pour nous montrer notre lieu d’hébergement, nous apporter tapis, couvertures, oreillers, moustiquaires, et des boissons -toujours- en quantité… impressionnante !!! Après nous avoir enjoint de nous laver. Nous installons donc avec eux notre camp dans le bâtiment réservée aux cérémonies ouvertes à la population, comme à chaque fois. Sur l’estrade de prière faisant face aux Bouddha, que nous n’oublions pas de saluer, protocole oblige. Et c’est un acte de reconnaissance et d’accueil qui correspond bien, en fait. Et voilà ! :

On n’aura jamais autant bu de sodas, de jus d’aloe vera et de thé citron frais ! Sans consommer le red Bull ni le 5ème de tout ce qu’ils ont apporté ! Les livraisons ne cessaient pas, qu’est-ce qu’on a ri ! En fait, les moines ne mangent qu’une seule fois par jour, en général, et jamais après midi. Par contre, ils ont droit aux boissons. Les donations des fidèles, et la nourriture mendiée chaque jour (voir photo des moines à la queue leu leu, en fin de cet article) les nourrissent et abreuvent plus que largement, dans les pagodes des bourgades un peu importantes. C’est donc sans scrupules que l’on peut accepter ce qu’ils nous donnent, en échange le lendemain d’une donation à la pagode… souvent fermement refusée. Nos vélos, nos filles, notre mode de vie, interrogent et font peut-être un peu « pitié » ??

La nuit s’annonçait bien, avec un beau silence en toile de fond, le rêve ! Mais à peine couchés… Une sono se met à grésiller, juste derrière le volet, dans le temple qui leur est réservé… Extrait :

3 heures de chants et de psalmodies, entraînées par un moine au micro. Les filles ont sombré en 5 mn. Pas nous :). Mais on ne s’est même pas agacés, car la musique est harmonieuse et berce. On aurait aimer participer, mais compliqué…

Puis ce fut un réveil en fanfare vers 2h30, par une meute de chiens agressifs qui devaient se battre pour leurs territoires… Moins agréable, moins harmonieux !!! La bataille fut longue, et à rebondissements… Les coqs ont sonné la fin des hostilités… Il fallait se lever, pour être au bâteau à 7h.

On est partis un poil fatigués, mais sans regrets aucun d’avoir vécu ça !

Un commentaire

  1. Bonsoir à vous quatre

    Juste vous dire que je profite pleinement de votre voyage (par procuration mais cela m’est très agréable) Et de tous les articles y compris ceux de Leonie et Adèle.

    J’ai rencontré ce soir votre amie (que Laure avait missionné à l’avant première de «tremplin92 ») On a parlé de l’accident de Laure et des conséquences. Je me disais bien que cela ne semblait pas simple .

    J’espère que tout cela sera bien vite oublié et derrière vous.

    Belles routes à vous

    Toute mon amitié

    Xavier

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